La situation des parents de Nazmije — qui rentre aujourd’hui en CE2 à l’école primaire du Jardin de Ville — est représentative des nombreuses tragédies familiales issues de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.
Mustafa Seilimovski, le père de Nazmije, est d’origine macédonienne mais de nationalité serbe, sa compagne, Djemailovo Sebihan est de nationalité macédonienne.
Ils connurent la misère et le sort réservé aux minorités ethniques, la guerre du Kosovo et toutes ses séquelles...
C’est le décés de son père, entrainé par les mauvais traitements infligés par la police serbe et l’insécurité permanente, qui pousseront finalement Mustafa Seilimovski, en 2004, à partir pour la France, dans le but d’y construire une vie plus sûre, aux côtés de sa compagne et de leur enfant, qui l’y rejoignent en 2005.
Sa demande de réfugié politique ayant été déboutée par l’OFPRA, la famille Seilimovski a obtenu un récépissé provisoire de séjour dans le cadre de la circulaire Sarkozy.
Mais la préfecture de l’Isère a décidé de ne pas renouveler le permis de séjour, alors même que Mustafa a, entre temps, obtenu une promesse d’embauche (en tant que mécanicien auto), que sa fille est maintenant scolarisée depuis presque deux ans en France et qu’il demande une véritable régularisation de ses conditions de séjour en France ; c’est le tribunal administratif qui jugera, le 18 septembre 2007.
Nous avons vu, depuis presque deux ans, Nazmije apprendre à parler le français couramment. Son sourire nous a signifié chaque jour son plaisir de venir à l’école et sa volonté de rencontre et d’ouverture. Une expulsion du territoire français aujourd’hui, signifierait pour Nazmije la séparation de ses parents, dans un pays à l’avenir incertain et au système éducatif dégradé, peut-être l’errance dans un autre pays, dans tous les cas, une scolarité compromise.
La constitution française stipule le droit à l’éducation pour tous les enfants séjournant sur son territoire.
Nazmije ne doit pas partir !